La joie de lire – Association lacanienne internationale, le 21 septembre 2019

La joie de lire – Association lacanienne internationale, le 21 septembre 2019

La joie de lire

Association lacanienne internationale, le 21 septembre 2019

Lire en psychanalyse

Les trois livres présentés aujourd’hui appartiennent à la collection « Lire en psychanalyse », que je dirige avec Guy Mertens et qui est publiée aux éditions EME par Sidonie Maissin et son équipe que je remercie pour leur confiance indéfectible dans nos choix éditoriaux.

Pourquoi ces trois livres ? Il y a déjà tellement de livres de psychanalyse sur le marché.

Je propose de quitter le marché pour questionner : comment leur lecture s’impose-t-elle comme un modèle de lecture ? Et d’entendre la réponse dans le titre de la collection « lire en psychanalyse ».

D’une part, chacun des auteurs de ces livres a la qualité — relativement rare dans nos rayons — de pratiquer justement ce que l’on peut appeler « lire en psychanalyse » au sens fort. D’autre part, le lecteur de ces livres est appelé lui aussi à pratiquer ce même « lire en psychanalyse ».

Que veut dire « lire » ? Que veut la collection « lire en psychanalyse » ?

La première chose qui vient à l’esprit consisterait à voir le « lire » comme le transfert de certains points écrits dans le livre à propos de la psychanalyse dans l’intellect du lecteur. Le lecteur a ainsi emmagasiné ce qui était écrit et situé dans le champ clos de la psychanalyse. Nous dirons : les points contenus dans le livre de l’auteur sont ainsi passés dans la tête du lecteur. La lecture consiste en ce passage. (point flèche point). On pique une citation de Freud ou de Lacan, et on la replante dans la tête du lecteur. L’ennui, c’est que, très généralement, la plante ainsi ne pousse pas (tout simplement parce qu’elle n’est pas vivante). On lit à propos de la psychanalyse, mais l’on reste complètement en dehors de la psychanalyse et en dehors du mouvement propre de « lire en psychanalyse ».

Chez nos trois auteurs, rien de tout cela. Aucune citation piquée, aucun point de doctrine avancé en dehors d’une structure complexe de lecture, en dehors du mouvement au sens fort de « lire en psychanalyse ». Qu’ils citent Hegel ou Nietzsche, Marx ou le Qohélet, Freud ou Lacan, chaque fois et sans exception, la citation ne peut se résumer à un point ou à une multitude de points ; elle entraîne au contraire et ne vaut que comme une flèche de questionnement sans point définitivement établi. Dans leurs citations, nos trois livres ne font-ils que nous communiquer tel questionnement qui s’est joué à tel moment de la culture ? Absolument pas. Chaque fois, ils déplacent le questionnement et le relancent vers une nouvelle perspective, vers une nouvelle flèche qui ne se clôture pas par un point final (c’est là sans doute l’importance cruciale accordée à Lacan par chacun des trois auteurs). Le schéma ici n’est plus du tout point flèche point. D’emblée, nous sommes dans la flèche indécise du questionnement et nous allons vers une relance, vers une fécondation transformante du questionnement. S’il y a réponse, c’est toujours une réponse qui relance la question (flèche point flèche).

Ce n’est pas tout. Nous ne pouvons pas refermer le livre et dire : donc Lacan, donc point final. Le lecteur de chacun de ces trois livres ne peut faire autrement que de se plonger lui-même dans ce « lire en psychanalyse » au sens fort que je viens de préciser. Lisez sérieusement le livre, vous vous retrouverez dans ce processus d’une relance du questionnement, flèche point flèche. S1 non pas comme un signifiant épinglé, mais comme une flèche déjà riche de toute une question et la bascule vers S2 non pas comme un savoir figé, mais comme un savoir y faire avec la question. Cette pratique nous plonge « en psychanalyse », au cœur de la psychanalyse, dans la pratique et la fécondité du signifiant.

 

 

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