L’Angoisse, de I.S.A. au séminaire X

L’Angoisse, de I.S.A. au séminaire X
1. Inhibition, symptôme et angoisse – Freud 1926

Pour introduire l’angoisse, Freud part du refoulement: face à un danger pulsionnel du ça, le refoulement est une fuite du moi qui retire l’investissement au représentant pulsionnel à refouler et l’utilise pour la déliaison de déplaisir, c’est à dire d’angoisse.

En conséquence:

– le moi est le lieu de l’angoisse

  • l’angoisse est une transformation de la motion pulsionnelle refoulée, le plaisir devient déplaisir.
  • le moi est à la fois le lieu et l’agent de l’angoisse.

L’angoisse n’est pas engendrée dans le refoulement mais reproduite en tant qu’affect d’après une image mnésique. La naissance, première expérience vécue d’angoisse lui confère ses traits caractéristiques.

A partir de l’analyse de la phobie du Petit Hans et de L’Homme aux Loups, Freud conclu que dans les deux cas le moteur du refoulement est l’angoisse de castration, les contenus d’angoisse sont un substitut par déformation du contenu «être castré par le père», contenu qui a subi le refoulement.

L’affect d’angoisse de la phobie est issue du refoulant lui-même, l’angoisse de la phobie est l’angoisse de castration non transformée, une angoisse de réel, et c’est l’angoisse qui produit le refoulement.

Cependant, dans l’étude des névroses actuelles, il semble que ce soit l’excitation sexuelle déviée qui produit l’angoisse.

Freud ne sait comment résoudre cette aporie.

L’hystérie de conversion et la névrose de contrainte sont sans angoisse. Dans les trois névroses, pour Freud, l’angoisse de castration est le moteur de la rébellion du moi mais elle n’apparait que dans la phobie.

Comment le moi s’épargne-t-il l’angoisse dans l’hystérie de conversion et dans la névrose de contrainte?

Dans la formation de la phobie, l’angoisse de castration reçoit un autre objet et une expression déformée. La formation d’un substitut esquive un conflit d’ambivalence et suspend le développement d’angoisse qui devient angoisse facultative.

Dans l’hystérie de conversion, Freud s’interroge sur l’opacité de la formation de symptôme, il remarque que le moi se comporte envers eux comme s’il n’était pas impliqué.

Dans la névrose de contrainte, le danger est intériorisé. la punition redoutée du Surmoi est un prolongement de la peine de castration qui s’est muée en angoisse de conscience. Le moi s’y soustrait en obéissant aux commandements du Surmoi, les symptômes sont créés pour éviter le danger signalé par l’angoisse.

Si l’angoisse de castration est le moteur du refoulement, comment expliquer la névrose des femmes puisque chez elles, la castration est déjà effectuée.

Freud élargit la question à l’angoisse non névrotique.

La névrose traumatique est conséquence de l’angoisse pour la vie. Depuis l’introduction du narcissisme, ce n’est plus en contradiction avec l’étiologie sexuelle puisque le moi est investi libidinalement.

Dans l’inconscient, rien ne peut donner un contenu au concept d’anéantissement de la vie.

La castration, elle, est représentable, l’angoisse de mort doit être conçue comme un analogon de la castration.

Le moi est préparé à la castration par des pertes d’objet (le sein, les fèces). La première perte, première expérience d’angoisse est la naissance, quoique la mère soit inconnue du foetus qui est essentiellement narcissique.

A la naissance, l’innervation de la respiration et l’accélération du rythme cardiaque est une réaction appropriée. Ce n’est plus le cas dans la reproduction de l’angoisse comme affect.

Qu’est-ce qu’un danger?

Si la naissance est un danger, pour le foetus il n’y a qu’une formidable perturbation de sa libido narcissique, il répétera l’affect d’angoisse dans toutes les situations qui le feront se souvenir de la naissance.

Freud critique la théorie de la phobie précoce de l’enfant chez O.Rank, pour Freud l’angoisse du petit enfant est angoisse de séparation de la mère qui est analogue à l’angoisse de castration car toutes deux ont pour contenu un objet très estimé. L’angoisse originelle apparait lors de la séparation d’avec la mère qui prodigue les soins et elle est appropriée car l’éconduction vers le souffle et la voix permet à l’enfant d’appeler la mère.

A la phase phallique, l’angoisse de castration est angoisse de séparation de l’organe génital très estimé car il est garantie de la possibilité d’une nouvelle union avec la mère ou un substitut.

Ensuite, à partir de la latence le moi craint la perte d’amour du Surmoi.

La transformation ultime de cette angoisse devant le Surmoi est l’angoisse de mort.

On peut donc comprendre l’angoisse des femmes, l’angoisse de la perte d’amour joue dans l’hystérie un rôle semblable à celui de la menace de castration dans la phobie et à l’angoisse du Surmoi dans la névrose de contrainte.

Le développement d’angoisse engage la formation de symptôme, le moi tend à limiter au minimum l’angoisse, à ne l’utiliser que comme signal.

Freud s’interroge sur le fait que l’affect d’angoisse est le seul à provoquer des réactions anormales et au fait que les névrosés restent attachés à des conditions d’angoisse antérieures. Pour lui, le facteur de fixation est la contrainte de répétition du ça inconscient. Il voit à la névrose:

  • une cause biologique qui instaure un lien entre la première situation de danger, la naissance, et le besoin d’être aimé
  • une cause philogénétique: la latence, qui fait que les pulsions sexuelles enfantines sont refoulées et que les motions sexuelles ultérieures, à la puberté sont en danger de les suivre dans le refoulement.
  • une cause psychologique: le moi ne peut se protéger contre les dangers intérieurs qu’en restreignant son organisation et en formant des symptômes.

Le moi est le seul lieu de l’angoisse avec comme prototype la naissance.

Dans la vie ultérieure, Freud distingue:

  • L’angoisse de réel automatique en situation de danger
  • L’angoisse névrotique, produite par le moi quand une telle situation ne fait que menacer, pour inviter à son évitement («vaccin»).

L’angoisse à rapport à l’attente, elle est devant quelque chose, il y a un caractère d’indétermination, d’absence d’objet.

L’angoisse de réel est devant un danger connu, extérieur.

L’angoisse névrotique est devant un danger inconnu, pulsionnel.

L’angoisse de réel mène à une réaction affective et à une action de protection. (On retrouve le deux axes de Lacan: difficulté et mouvement.)

Le danger est l’aveu de notre détresse et cette situation constitue un traumatisme.

L’angoisse est attente d’un trauma et répétition atténuée de celui-ci.

Dans le jeu, l’enfant apprivoise son angoisse en passant de la passivité à l’activité. Gâter l’enfant augmente le danger de la perte de l’objet et donc son angoisse.

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